Les multiples positions du coach
Pour assumer ses missions, le coach met en jeu de multiples compétences et qualités mentales en fonction de huit aspects de la démarche de coaching :
1. Une démarche par objectif
La structuration du processus de coaching, vers la réalisation d’un objectif décidé par la personne accompagnée, sert de ligne conductrice au coach. Cela lui demande de faire preuve de rigueur et de fermeté pour savoir garder le cap sur l’objectif, tout en restant souple et flexible au fil des entretiens, en fonction de l’évolution de la personne. Sa position est alors celle d’un cadreur.
2. Une orientation « solution »
Le coaching est une approche orientée vers la solution, jusque dans le choix des protocoles d’intervention structurés pour orienter l’attention et générer des mouvements de conscience du présent vers le futur.Pour accompagner le sujet vers sa solution, le coach a besoin d’avoir lui-même un mode de pensée tourné vers la solution, en s’appuyant sur le présupposé que toute personne dispose des ressources nécessaires pour résoudre ses difficultés, créer ses solutions et générer sa réussite, en puisant dans ses expériences passées et/ou sa créativité. La position du coach est, à ce titre, celle de l’optimiste qui sait qu’il y a toujours des solutions à toutes situations problématiques.
3. Une approche méthodologique du processus de coaching
L’approche et les interventions proposées dans le cadre du coaching portent sur la structure mentale de l’expérience subjective de la personne accompagnée et non sur le contenu des situations vécues. Le sujet amène une problématique unique et particulière, le coach une méthode. Le coach doit rester en dehors de l’histoire de son client sur le plan émotionnel même si le contenu peut parfois le renvoyer à sa propre expérience. Il a besoin d’adopter une attitude de détachement et de recul. Il est mentalement et émotionnellement dissocié sous peine, dans le cas contraire, de faire partie du problème plutôt que de la solution. L’approche du coaching étant basée sur un principe d’autonomie, le coach amène la personne à déterminer ses objectifs et à trouver par elle-même ses solutions intellectuelles, mentales, émotionnelles, physiques, etc.Il l’aide à accéder à ses propres ressources conscientes et inconscientes et l’invite à auto valider ses propres résultats.Le coach a pour rôle de questionner, de catalyser, d’être le miroir interactif, de valider les progrès et les résultats, de faire prendre conscience et de faire faire. Sa position est celle d’un observateur neutre en même temps qu’actif sur le plan méthodologique.
4. Un espace-temps d’échange et d’influence
Le coach propose une lecture structurelle des situations, dans un cadre d’hypothèses, sans certitudes arrêtées, afin que la personne accompagnée dispose de propositions pour choisir ce qui lui convient, car elle seule peut définir et décider ce dont elle a besoin. Le coach accompagne la personne vers ses propres solutions en suspendant conseil, jugement ou évaluation. Il est en permanence conscient que la personne est sur sa trajectoire personnelle, distincte de la sienne. Les représentations, pensées, avis ou ressentis du coach à propos de ce que lui dit son interlocuteur, n’ont pas lieu d’être dans la relation entre le coach et le sujet. Lorsqu’il influence la personne, c’est à partir du modèle du monde de celle-ci, à l’aide d’un questionnement autoréflexif.Toutefois, le coach ne pourra éviter d’être, consciemment ou inconsciemment, un modèle (référence) comportemental, mental et émotionnel pour la personne. Afin d’instaurer et maintenir une juste distance entre lui et la personne accompagnée dans le processus du coaching, le coach veille à ce que leurs trajectoires respectives restent parallèles. Cette juste distance facilite l’écoute, favorise l’observation, permet la formulation ou la reformulation des situations vécues par la personne ainsi que les propositions d’actions à expérimenter pour atteindre l’objectif définit par le client lui-même. Le coach intervient au sein d’un espace d’échanges, un espace relationnel qui s’installe, rationnellement ou irrationnellement, entre les deux personnes.Il ne pourrait en aucun cas, sans une grande prétention, croire ou faire croire qu’il « intervient sur l’autre ». Il agit au sein de cet espace d’échanges commun, dans une coopération avec la personne accompagnée, autour de la problématique à résoudre. Les systémiciens disent que nous n’avons aucun pouvoir sur l’autre en dehors de celui de faire du bruit dans le système, bruit dont les effets auront ou non une influence sur les autres parties du système. La position du coach est celle d’un partenaire sachant être à sa place.
5. Un cadre contractuel
Le coaching repose sur un cadre contractuel implicite et explicite de l’accompagnement, conçu autour et pour développer l’autonomie de la personne.Le coach passe un contrat avec la personne définissant ses objectifs, les résultats à obtenir et les effets à attendre.Pour cela, le coach a besoin de développer une attitude de clarté et de fermeté sur ce qu’il peut faire ou non et d’être sûr de ses compétences et facultés à conduire. L’attitude du coach est celle de quelqu’un d’affirmé et confiant en lui. Sa position en entretien est celle de garant et de guide, sachant se laisser guider par la structure de l’expérience de la personne qu’il accompagne.
6. Le caractère exploratoire et créatif du coaching
Le coach fait une investigation à multi niveaux, conscient et inconscient, des processus, des structures et des systèmes de croyance de la personne. Pour cela, il écoute, observe, propose et fait expérimenter à l’autre.Chaque situation de vie étant unique, le coach fait appel à sa créativité et à son inventivité pour élaborer des protocoles de changement construits sur-mesure pour le sujet et sa problématique.Cela demande une attitude de disponibilité et d’ouverture à toutes surprises et possibilités. Le coach a une position de chercheur expérimentateur, curieux parfois jusqu’à l’indiscrétion.
7. La dimension symbolique et métaphorique du rôle du coach C’est en grande partie par l’exemplarité que le changement va s’opérer.Le coach a une dimension symbolique de par son statut, dans la mesure ou il peut être assimilé à un modèle par la personne. Il influence la personne malgré lui.Il est nécessaire qu’il se réfère à un cadre déontologique précis pour éviter les dérives manipulatrices.Le coach a la connaissance de ses limites et la capacité de faire la dissociation entre ce qu’il fait en tant que professionnel et ce qu’il est en tant que personne. Cela peut parfois l’amener à dire à la personne qu’il coache, en toute humilité, qu’il ne semble pas être la personne la plus pertinente pour l’accompagner. Sa position mentale est celle d’un professionnel adulte.
8. Espace de mise en scène
Le changement se fait à partir de propositions formulées par le coach. Elles n’aboutissent à un résultat qu’à la condition d’être prises en compte par la personne et que celle-ci accepte « d’altérer » suffisamment son système de référence pour tester la proposition et expérimenter le changement.Le coaching, en tant que processus, se fait dans le cadre d’une relation particulière. En effet, la démarche du coaching est centrée sur la relation « Coach / Personne coachée » en tant que support métaphorique du changement et espace-temps pour expérimenter celui-ci.Sous cette angle de vue, le coach à une attitude d’acteur du changement, au double sens de celui qui acte et expérimente une émotion sans y être associé personnellement, et celui qui joue un rôle guidé par une mise en scène, celle de la structure de l’expérience subjective de la personne. Le rôle du coach est complexe car il est dans la position du metteur en scène du processus d’accompagnement, son client jouant le premier rôle.
Clément Boye
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